Quand ça va bien…

18 mar

Il y a quelques semaines, je prenais un verre avec un ami et nous discutions de l’ampleur que prenait la grève étudiante.

«Pis c’est rien, ce qu’on a vu jusqu’à maintenant, parce que, en 2005, c’est après la relâche que le mouvement a vraiment pris son envol…

- Ouaip. Et moindrement qu’il fera beau, le monde va avoir envie de sortir manifester et ça va mobiliser en fou», avait ajouté mon ami.

Et bien, mes chers amis, nous sommes une semaine après la relâche et on annonce pour les jours qui viennent des températures record, le printemps le plus hâtif jamais vu au Québec et une pointe de 18°C. Quand ça? Jeudi, jour de la manifestation nationale à Montréal. Vous avez vu aujourd’hui les impressionnantes manifestations familiales contre la hausse? Tenez-vous le pour dit, donc : Jeudi, ça va battre des records…

Je ne crois pas au destin. Je n’aime pas les phrases comme «C’était dû pour arriver». Mais je n’ai pas le choix de me souvenir d’une phrase du défunt sénateur et stratège libéral Azellus Denis : «Quand ça va mal, ça organise mal.»

Ce que je veux dire par là, c’est que parfois, lorsqu’une cause n’est pas dûe pour arriver, pour une drôle de raison, on dirait que même les éléments se mettent contre elle. Inversement, lorsque l’heure est venue, tout se mettra en place, presque mu par une force surnaturelle pour que survienne l’épiphanie. Les lois de l’attraction? Le secret? Le fait que le Québec se soit mis au halal? Je ne sais pas. Mais bref, même les éléments sont du bord des grévistes. Hihihi.

Inversement, ça n’empêche pas de faire des erreurs. Par arrogance, peut-être. J’en ai vu quelques uns se satisfaire du fait qu’un dîner familial privé de Jean Charest ait été troublé par des manifestants hier soir.

Bon. Y a pas mort d’homme, de vitrines cassées ou d’oeil crevé ici. Ce n’est pas bien grave. Charest va s’en remettre, il est fait fort.

Mais justement, vous ne connaissez pas ce gars-là. Ça fait près de 15 ans que je l’étudie. Il est formidablement entêté. Et en plus, il a une évaluation sur-dimensionnée de son courage politique et il a tendance à se victimiser.

Je vous le dis, donc, avec cette insignifiante petite manif spontanée, vous avez donné à Charest l’énergie et la hargne nécessaire pour endurer au moins deux semaines de plus de pression que ce qu’il aurait pu naturellement.

En même temps, on l’a vu subir la pression pendant près de trois ans sur la commission d’enquête. Cette petite manif un peu baveuse changera-t-elle vraiment son attitude?

Je ne sais pas. Mais ça n’aide pas.

Dans tous les cas, ces différents éléments me font penser qu’on s’en va vers un très long conflit et que, peut-être, pour la première fois de l’histoire du Québec, on devra avoir un report de session.

Les conséquences seront majeures pour les étudiants, le marché du travail, les administrations universitaires et pour le gouvernement. Les coûts engendrés mangeront une bonne partie de la hausse.

Le gouvernement ferait bien de s’asseoir et d’ouvrir le dialogue, donc. Après tout, c’est lui «l’adulte». Et le rapport de force, dans ce dossier, il ne l’a plus.

«Just to bad», comme a sans doute répondu Lester B. Pearson à Azellus Denis.

À armes égales

16 mar

J’ai entendu dire hier que le gouvernement se payait de la pub sur NRJ pour défendre la hausse des droits de scolarité.

C’est de bonne guerre, ils ont le droit. Ils auront à répondre, toutefois, de leur manière d’attribuer les ressources. Si le Québec est tellement pris à la gorge qu’il a besoin de quasiment doubler les frais de scolarité des étudiants, il faudrait qu’il fasse sa part, lui aussi…

Ceci dit, là où ce n’est pas tout à fait juste, c’est que le mouvement étudiant ne se bat pas à armes égales avec le gouvernement là-dedans. Il n’a pas les mêmes ressources, pas les mêmes pouvoirs. Ultimement, c’est le problème majeur, dans le débat actuel, c’est-à-dire que,  dans cette société, les jeunes en général et les étudiants en particulier n’ont pas vraiment voix au chapitre lorsque vient le temps de prendre des décisions essentielles pour leur avenir. Allez vous demander pourquoi ils doivent occuper des building et des coins de rue pour qu’on s’intéresse à eux maintenant…

Bref, je n’ai pas beaucoup le temps de vous écrire ce matin, alors je laisse la parole aux gens derrière l’initiative du Fond rouge. Plusieurs anciens étudiants se sont demandés comment soutenir la cause. Voici votre chance d’aider le brave petit David à se gréer d’une bonne grosse pétacle pour envoyer dans la sale figure du perfide Goliath.

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Né d’une fin de semaine de travail bénévole entre professionnels du web, ce projet vise à informer les citoyens sur la hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement du Québec.

Concrètement, Fond rouge est un site web où nous invitons la population à acheter un ou plusieurs pixels rouges en symbole de leur appui aux étudiants. En plus de leur don, les internautes sont invités à partager un message sur leurs pixels rouges.

Les fonds servent à financer l’achat d’espace publicitaire à grande visibilité. L’objectif est de renseigner le grand public sur les répercussions socio-économiques de la hausse des frais de scolarité. En effet, nous pensons que l’avenir du Québec passe par l’éducation et ce, dès aujourd’hui.

Fond rouge est un projet autonome qui n’est associé à aucun regroupement politique, étudiant ou syndical. Il s’agit également d’une des premières initiatives non étudiantes de mobilisation contre la hausse des frais de scolarité.

Ce projet, entièrement réalisé les 3 et 4 mars derniers, est un coup de pouce de la part de professionnels du web et des communications. C’est aussi un moyen pour la population de montrer son appui à cette nouvelle génération qui milite pour l’avenir social du Québec.

Vous pouvez participer à cette initiative en partageant la page à votre réseau.

Vous pouvez visiter le site du projet au www.fondrouge.org

Merci de votre intérêt pour Fond rouge

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Facque c’est ça. Donnez généreusement, mes enfants!

Le refus du débat

14 mar

Porc non-halal, par essence.

Quand j’étais étudiant, j’habitais avec des colocs près de la rue Myrand.

Ceux qui connaissent le coin le savent, il y avait (y a-t-il encore?) une épicerie halal, au coin du chemin Ste-Foy.

Je me souviens encore de la première fois où j’y suis entré. Je m’étais adressé au type derrière le comptoir.

«Vous avez de la viande, ici?

- Oui! Oui! Oui, trrrrrrrès bonne viande!»

Et elle était vachement bonne leur viande. Ces merguez… Ho, seigneur, rien que d’y penser, un processus pré-digestif se met en branle dans mon organisme. Et leurs sandwichs… Ho, seigneur… Avec du taboulé, de l’humus, des feuilles de vigne, des salades de lentilles et de pois chiches. Si bons, si riches, si santé et si savoureux… Holala… Et des baklavas pour dessert… Un… ou dix, tiens. Hooooooo…

Je ne sais pas si ça avait à voir avec la qualité de leur viande, la manière dont les bêtes étaient abattues, je ne sais pas si c’était leur savoir-faire dans la préparation qui comptait ou si c’était simplement une vue de mon esprit, mais qu’est-ce qu’elle était bonne, cette verasse de viande! De l’agneau… Ho, seigneur, qu’il était bon leur agneau…

Tout ça pour dire que nous, mes colocs et moi, on s’était attachés à nos sympatiques arabes du coin de la rue Myrand. Tant et si bien qu’un jour, l’un d’entre nous est allé porté son cv pour y travailler.

«Tu veux trrrravailler pourrrrr nous!??

- Ben ouais… Je me cherche une job, pis j’aime vraiment ça venir ici, alors…

- Mais… Tu veux vraiment travailler pour nous?

- Ben ouais, je pense que je serais correct, je sais pas…

- Ha! Tu veux vraiment travailler pour nous! Ha merci! Mais je n’ai pas besoin de plus de monde, malheureusement… Mais, merci!»

À partir de ce moment, j’ai commencé à penser que la question dans les sondages pour évaluer le racisme des gens ne devrait pas être «Engageriez-vous un noir ou un arabe pour travailler dans votre entreprise?», mais bien «Accepteriez-vous de travailler pour un noir ou un arabe?». Bref, de lui être subordonné. Là, vous allez voir, on va commencer à jaser…

Mais bon, ce n’est pas tant de ça que je voulais vous parler aujourd’hui, mais bien de ce débat qui se met en place au Québec sur les abattoirs qui appliqueraient maintenant les normes halal. Plus simple de standardiser le processus d’abattage, semble-t-il, et ainsi de ne pas se priver du marché grandissant de la clientèle arabe qui, doit-on le rappeler, constitue aujourd’hui le troisième groupe ethnique le plus important à Montréal. Il semble que le débat fait rage en France depuis un bout.

Ben moi, ça m’interpèle tout ça. D’abord parce que, je pense que vous l’avez compris, j’ai un préjugé plutôt favorable envers la viande halal. Si cette façon d’abattre procure de la bonne viande, sécuritaire et tout, je ne considère pas la pratique antérieure comme faisant particulièrement partie de mon identité…

En fait, je sais pas vraiment c’est quoi de la viande halal. Ça a à voir avec les méthodes d’abattage, c’est ça? On égorge l’animal et tout? Et ensuitre on le saigne, c’est ça? Est-ce qu’il y a autre chose? Faut dire une petite prière avant ou après? Et sinon, comment on fait, autrement? Je veux dire, le «pas halal», là? Les animaux, ils les assoment, ils les électrocutent? Non, mais, dites-le moi, ça m’intéresse pour vrai tout ça, je vous le dis. Entre tous les courriels qui circulent sur Internet pour nous dire que PFK nous fait manger des poulets mutants, on ne sait plus où en donner de la croquette.

Je trouve en effet qu’on se désintéresse trop de la manière dont notre bouffe est faite. Je connais de zurbains qui n’ont jamais rencontré une vache en personne. Or, le manger, le «nourri», c’est assez important, dans la vie. Je pourrais d’ailleurs vous raconter cette histoire du type à qui on avait fait croire que les grosses balles de foin rondes dans la polythène blanche dans les champs étaient en fait une culture de guimauve… (Le «on» ici est à la troisième personne, je n’aurais jamais fait une chose pareille, vous savez bien…) Mais, bon, je m’égare…

Je m’intéresse à la manière dont ma bouffe est faite, donc, et je pense que tout le monde devrait faire de même. Je postule même que si on s’intéressait collectivement plus à ça, on verra tout naturellement beaucoup de comportements alimentaires évoluer, naturellement. Les enfants, tous devant La Semaine verte!

Bon, tout ça pour dire que moi, quand André Simard a fait sa sortie sur l’abattage halal, j’ai trouvé ça bien intéressant et j’ai trouvé que ça posait des questions essentielles.

D’abord, est-ce que c’est vrai que ça comporte un facteur de risque, dû à la rupture de la trachée et de l’oesophage lors de l’égorgement? (Égorgement? Égorgeage?) Je veux dire, ça ne veut sans doute pas dire que la viande halal est systématiquement empoisonnée (elle est tellement bonne!), mais s’il y a un facteur de risque, faudrait au moins le savoir…

En même temps, on me disait que l’abattage halal moderne avait plutôt pour pratique de, en quelque sortes, «poinçonner» la jugulaire et la carotide des bestiaux, ce qui revient techniquement à l’égorger, et qui conviendrait aux croyances des musulmans. Mais comme je vous dis, je ne le sais pas…

Ensuite, il y a l’argument du traitement réservé aux animaux. Si c’est vrai que la pratique est cruelle (on laisserait longuement mourir les animaux au bout de leur sang plutôt que de faire ça vite fait bien fait, après les avoir étourdis…), ben là, faudrait regarder ça… En même temps, quand on voit comment nos animaux sont élevés, dans le confinement, la surpopulation, la génétique qui crée ni plus ni moins que des monstres aux pis surdimensionnés, bourrée d’hormones et d’antibiotiques, ben on est déjà pas super exemplaires en la matière… Paradoxalement, ça viendrait peut-être justifier l’argument de la salubrité précédemment évoqué parce que, il faut le savoir, la viande que l’on mange ici, elle est malade. Beaucoup plus susceptible d’être vectrices de maladies qu’un majestueux buffle des steppes africaines ou qu’un agneau de pâturage… (Un jour, je vous parlerai de mon cousin qui élève des veaux à l’eau et au foin sec… Sont tellement bons…)

Ajoutons à ça une autre question d’importance, soit les pratiques de nos abattoirs. Un ami me dit il y a une impossibilité journalistique totale de rentrer dans les abattoirs. Personne ne sait ce qui s’y passe. Mêlez à cela une situation de monopole d’une famille finançant le parti libéral et faisant aussi dans les garderies religieuses dans la région de Montréal et on se dit qu’il y a vraiment quelque chose d’intéressant à regarder là-dedans…

En gros, donc, la vérité, c’est qu’on ne le sait pas vraiment ce qui en retourne. On ne le sait pas si c’est répandu, on ne sait pas si c’est dangereux, on ne sait pas s’il serait possible de faire mieux.

Bref, bien des questions à se poser, bien des choses à regarder et à discuter. Réfléchir. Ensemble. Des fois. Essayez, vous allez voir, ça fait pas mal.

Donc, moi, la sortie d’André, je l’aime bien, parce qu’elle pose plein de questions qui m’intéresse.

(Avant de conclure, transparence totale : J’aime beaucoup André Simard. Il vient de Métabetchouan! Ma maman étudiait sa bio avec lui au cégep, mon oncle Gaétan a fait sa médecine vétérinaire avec lui. Bref, André, c’est mon «bro».)

Mais là, je vois les réactions à sa sortie.

D’un bord, les «zouverts» : «POOUAHAHAHAHAHAHAHAH! Quel plouc!!!»

De l’autre, les «farmés» : «Je ne veux pas qu’on fasse souffrir ma viande! (Même si la traçabilité des aliments, que ma viande soit égorgée ou tuée par un ptit bonhomme avec un 2 par 4, je m’en contre-saint-ciboirais jusqu’à ce que l’enjeu prenne une couleur ethnique…) Si je vais en Arabie, je vais pas demander des spear ribs à l’ail!»

Bon, là, les enfants, Mononc Claude est tanné de vous le dire là, mais parlez-vous donc! Sortez de vos ornières et de vos petits campements idéologiques et commencez donc à faire ce que vous ne faites jamais : Poser des questions plutôt que d’offrir systématiquement le même raisonnement à tous les enjeux.

Pour parler en gros clichés débiles et inadéquats (m’a me le permettre aussi, je suis le seul qui s’en prive ça a l’air…), si vous, chers amis urbains vous vous en sacrez de votre nourriture, ben continuez à manger de la boucane pis du plastique. Pis vous, les gars de la campagne, nos ancêtres ont mangé de la viande égorgée pendant des siècles et ils n’en sont pas devenus mahométans pour autant.

Donc, je dis aux uns d’arrêter d’assimiler toute remise en question d’un comportement ethnique à une «fermeture à l’autre» et je dis aux autres d’arrêter d’assumer que tout emprunt à une autre culture est un recul du «nous», sinon on mangerait pas de pizza pis de spaghate au Québec (pis moi, je serais triste, parce que j’aime ça, du spaghetti…).

Bref, arrêtez de simplement refuser le débat. On est pas «finis», on va évoluer, on va continuer de changer. On est pas parfaits dans la manière qu’on reçoit les immigrants non plus, ni dans le plus, ni dans le moins. On veut se poser des questions, on va continuer de le faire.

Bref, faites comme André Simard et posez-en.

Pis si on prend la peine de discuter entre nous au lieu de se braquer à chaque fois de chacun de nos côtés, ben, vous savez quoi, on va peut-être même régler des problèmes et devenir une société meilleure.

Je vous le dis, ça va être magique.

Là-dessus, m’a allé me faire des merguez…

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La colonne des dépenses

13 mar

Ça peut apparaître surprenant, mais je suis enthousiasmé par l’initiative du Journal de Québec de ce matin de publier une ventilation des différences dépenses de l’État québécois.

Je trouve ça très pédagogique.

Je pense même qu’une image comparable devrait se trouver avec tous les avis de cotisation à l’impôt que recevront bientôt les contribuables québécois.

Ainsi, j’imagine que les fans de propos du genre «Québec dans le rouge», ceux qui ont la conviction de travailler leur vie pour faire vivre «des BS pis des tartistes» pourront constater ce qu’il en est réellement.

Ainsi, quelqu’un qui se donne la peine de fouiller ça dans le sens du monde pourra voir que, parmi les 73 236 619 700 $ de dépenses de l’État, on en dépense :

- 3,8 % pour l’Aide sociale (2 865 694 600 $). Le graphique ne sépare pas les personnes aptes au travail des personnes inaptes.

- Un peu moins, 2,9 %, pour les services de garde. (2 121 006 700 $)

- On reste dans les même niveaux pour le financement des universités, avec 3,6 %. (2 607 927 000 $). Ajoutez à cela l’aide financière aux études (vous savez, ce qui, selon les caricaturistes, permet à environ 500 000 étudiants post-secondaires québécois de jouer aux snowbirds l’hiver…), 0,9 %. (683 771 700 $). Le total de l’Éducation (préscolaire, primaire, secondaire…) représente 21,4 %. (15 672 206 700 $)

- On prend une bonne descente lorsqu’il est question du ministère de la Culture (nos fameux «Tartistes»), o,9% (693 339 100 $).

- On tombe littéralement dans l’insignifiant lorsqu’on se met à parler du ministère du Développement durable et de l’Environnement, 0,3 %. (244 750 200 $)

- En cet ère de mondialisation, le ministère des Relations internationales n’utilise que 0,2 % de notre budget total. (126 767 900 $)

- Et on se rend bien compte de la place disproportionnée que prennent les nouvelles sur les indemnités et le traitement de nos élus lorsqu’on réalise que l’Assemblée nationale, pour son fonctionnement, n’utilise que 0,016 % du budget québécois (118 202 600 $), dont 0,008% (54 976 300) va au traitement des élus et à leurs dépenses de personnel.

Mais où va notre argent? Si toutes ces dépenses qui dérangent et qui offrent de grosses Unes dégoulinantes sont si insignifiantes, pourquoi payons-nous autant d’impôt? Parce que, en effet, l’aide sociale, les CPE, les étudiants, la culture, la protection de l’environnement, la diplomatie et les élus, c’est pas mal tout ce que la droite style populo déteste et ça ne totalise que 9 461 459 800 $, soit 13% du total. Pas en coupant là-dedans qu’on va sauver notre Québec qui, c’est bien connu se compare désavantageusement à la Grèce… Pauvre Martineau et son image d’État tentaculaire, impotent et obèse…

Ben la vérité, c’est que l’État, c’est pas compliqué.

Vos impôts vont essentiellement à trois places. En santé (29 143 360 200 $, 40%), en éducation (15 672 206 700 $, 21%) et dans le service de la dette, les intérêts (7 811 000 000, 11%). Ces trois missions cumulent 72% de toutes les dépenses de l’État. Le reste, ce sont des 2-3-4% ici et là. Les transferts aux municipalités, l’immigration, la justice, l’agriculture, etc…

Ça nous permet donc de voir que, de la marge de manoeuvre dans le budget de l’État du Québec, il n’y en a pas énormément. Je pense que tout le monde s’entend qu’il est politiquement impossible de couper en santé et qu’on manque généralement de ressources en éducation. Quant au service de la dette, pour le diminuer significativement, il faudrait dépenser beaucoup plus annuellement pendant une bonne période et donc grever davantage la marge de manoeuvre du Québec.

Resterait à couper. Couper dans le gras, couper ici et là, couper sur comptes de dépenses des fonfons, couper les tartistes, faire payer les étudiants, etc… Vous connaissez la chanson.

Mais on économisera ça et là que quelques bouts de chandelles qui, globalement, n’auront que peu d’impact sur la structure des dépenses de l’État.

Pourtant, si pour une fois, ce n’est pas dans la colonne des dépenses qu’on regardait, mais plutôt dans la colonne des revenus?

Je dis ça de même…

Breaking news!!!

10 mar

Nouvelle crise au PQ!!!

Jean Charest et François Legault exige le départ de Pauline Marois!

Héhéhé… Avouez qu’elle est bonne!

Bon. On va régler quelque chose tout de suite. Voici mon commentaire sur le sondage de ce matin :

 

Pam-pam-pam! Pa-pa-pa-pam-pam! Pa-pa-pa-pa-pa-pa-pam-paaaaaaaam!

Bon, surtout ne nous emballons pas, parce que nous pourrions être victimes de cette nouvelle loi de la thermo-dynamique politique, très justement baptisée «le théorème de Legault» : Trop haut, trop tôt.

Bon, rassurez-vous, je ne vous ai pas invités sur mon blogue aujourd’hui que pour vous dire des niaiseries.

Je veux vous parler du nouvel échec libéral en préparation.

En augmentant les frais de scolarité de 50$ par session, il y a quelques années, personne n’avait réussi à inquiéter le gouvernement libéral.

Avec sa hausse aussi extravagante qu’immodérée (+325$ par session, 1625$ en tout, +75%), le gouvernement Charest a encore une fois trouvé le moyen de générer contre lui une quasi-unanimité.

Aidé par l’incompétence du SPVM, l’appui aux grévistes augmente dans la population et les appels au dialogue entre le gouvernement et les étudiants se multiplient.

Aujourd’hui, c’est le responsable de la sécurité publique à la ville de Montréal qui demande au gouvernement de revoir son approche.

«Les jeunes ont des points de vue légitimes. Je ne veux pas me prononcer sur la stratégie gouvernementale. Mais il est temps qu’on vérifie de part et d’autre comment on peut s’entendre.»

Écoutez gang. Je ne suis pas à bout d’âge, je n’ai pas fait la guerre et je ne suis pas une encyclopédie de la politique. Mais sérieusement, je n’ai jamais vu ça.

On parle d’un appel d’un responsable politique municipal envers le gouvernement pour qu’il modifie sa trajectoire.

On ne parle pas d’un enjeu relié au monde municipal là, comme les fusions ou la commission d’enquête.

On parle d’une décision qui relève entièrement des compétences provinciales et un responsable municipal qui dit : Assoyez-vous et trouvez une solution.

Ce n’est vraiment, mais vraiment pas rien.

La grève marche donc.

Et, pour mémoire, en 2005, c’est au retour de la semaine de relâche que le mouvement étudiant avait vraiment pris son erre d’aller.

Ça va brasser donc. Ça va bouger et ça va bouger vite.

Dans tous les cas, on va avoir du fun…

Là-dessus, bon samedi tout le monde!

Les troupes se mettent en ordre de marche

8 mar

Le portrait se dessine.

Les gens de Châteauguay auront un choix très intéressant à faire lors de la prochaine élection.

Ils pourront choisir Pierre Moreau, ministre des Transports, candidat du Parti libéral du Québec.

 

Ils pourront également choisir Denis Leftkakis, candidat vedette de la Coalition Avenir Québec, qu’on nous présente comme un communicateur aguerri.

 

Ils pourront également choisir Maryse Perreault, du Parti Québécois, spécialiste de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes.

 

Ok, objectivement là…

De la Brûlerie au CHSLD

7 mar

La course à l'armement ne connaît pas de limite.

Comme il fait beau aujourd’hui! On se surprend presque à espérer de voir notre premier kit mini-jupe camisole de l’année avant la fin de l’après-midi…

Ne nous emballons pas… Il nous reste encore une bonne quantité de neige à recevoir sur la tête. Il y a toujours une tempête après Pâques, gardez-vous de l’oublier!

Ceci dit, je me suis dit que c’était une belle journée pour mettre le nez dehors, me changer les idées et travailler à l’extérieur de chez moi.

C’est un demi-succès… Rien que de marcher de la maison à la Brûlerie Limoilou, j’ai vu deux engueulades sur la rue. Les nerfs! Gardez votre méchant-stress-qui-pue pour vous…

J’arrive à la Brûlerie, c’est bondé. Avis à YGreck : il semble bien avoir quelques étudiants qui sont restés au Québec pour étudier plutôt que d’aller trasher leur spring break à Daytona.

Enfin, ça a été un peu confu pour me trouver une place ici, les gens ont l’air tendus, y a plein de monde seul à une table à quatre qui n’ont pas l’air de vouloir partager et l’endroit est bruyant.

J’ai de la misère à dire pourquoi – pourtant, dans ma tête, le lien est clair – mais ça m’a fait penser à ce qui se produit dans nos CHSLD.

Vous connaissez la rengaine, ce drame manifestement sans issue, qui nous frappe. Le budget de la santé et des services sociaux occupe une place toujours grandisssante dans des finances publiques déjà acotées au bouchon. La population vieillit, la clientèle augmente, les besoins explosent. Dans les années qui viendront, ça ira en empirant. On ne parvient déjà pas à prendre soin dignement de ceux qui sont là actuellement, comment le fera-t-on dans l’avenir?

Tout ça est suffisant pour nous faire déprimer considérablement… D’autant plus que, c’est bien connu, on va tous vieillir un jour, nous aussi. Mais justement, dans tout ça, on oublie un facteur qui risque d’avoir un impact autrement important sur le réseau.

Présentement, nos foyers sont peuplés de personnes qui ont connu la Crise, nombreuses à venir d’un milieu rural, nées à une époque où on était né pour un ptit pain et où on était élevé avec un sens du sacrifice – voire de la mortification – tout judéo-chrétien. Il fallait «gagner son ciel», disait-on.

C’est très superficiel mon affaire, mais quand je pense aux CHSLD, ceux que je vois à la télé et celui où ma mère travaillait et m’emmenait faire le lutin de Noël quand j’étais petit, j’ai cette image, celle d’une sémillante petite centenaire aux pommettes saillantes, la tête penchée sur le côté qui commente ses conditions de vie en ces termes : «Ah oui! On est ben traités, ici…»

Mais, mère-grand, l’êtes-vous vraiment?

Je veux dire… Juste l’emploi du verbe «traiter»… Ça fait un peu camp de prisonniers… Est-ce que nos CHSLD respectent la Convention de Genève au moins???

Bon, je traite de ce sujet avec légèreté et la situation n’a rien de drôle. On parle de gens qui souffrent, de parents inquiets et révoltés, d’individus qui se meurent à petit feu ou à coup de cuillérée de manger mou, de personnel aussi débordé que dévoué à qui on ne peut humainement demander davantage.

Mais cela n’empêche pas de devoir reconnaître une autre réalité, qui est celle qui risque de bel et bien anéantir le réseau.

Elle se résume en une phrase.

Les boomers n’accepteront jamais ça.

Rendez-vous compte de ce qui s’en vient. La première génération hédoniste de l’histoire de l’humanité s’apprête à rentrer dans les centres d’accueil. Comment réagiront-ils lorsque l’infirmière débordée n’aura pas le temps de venir leur ouvrir leur bouteille pour qu’ils puissent prendre leur petit verre de rouge du samedi après-midi? Se contenteront-ils d’un bain ou deux par semaine? Se feront-ils à l’idée que, désormais, au petit déjeuner, c’est à des toasts froides que l’on a droit? En somme, accepteront-ils d’être seulement «bien traités»?

Je vous le dis, ça va être la guerre civile, la révolution des gris, la contre-attaque de l’armée blanche. Le Journal de Montréal ne couvrira plus que ça. Albert Einstein a dit qu’il ne pouvait pas dire avec quelles armes la troisième guerre mondiale serait faite, mais que la quatrième le serait assurément à coup de bâton. Et bien, il se trompait. Ce sera à coup de marchette.

Soyons sérieux, le problème que je perçois ici, ce n’est pas que les boomers seraient trop hédonistes. Je dis qu’ils n’accepteront pas ces conditions. Ma génération ne les acceptera pas davantage! Reconnaissons néanmoins que le XXe siècle nous a fait vivre une augmentation considérable de notre niveau de vie et que, pour nos réseaux, le simple fait de devoir s’adapter à cette réalité constituera un véritable choc.

Je veux bien croire que les boomers seront aussi la première (seule?) génération à parvenir à la retraite avec une forte épargne, qu’on y arrivera de plus en plus en santé et que le virage vers le maintien à domicile s’effectuera.

Mais vient néanmoins un moment où le maintien à domicile n’est plus possible, que la vie sera également plus longue et surtout qu’ils seront… nombreux! Nombreux ET hédonistes.

Est-ca que notre régime arrivera à prendre le virage du sept bains par semaine? À combler les exigences de bénéficiaires, bien plus consommateurs que patients, qui voudront profiter de ce qui leur reste d’autonomie? J’en doute…

Non, vraiment, il importe de se poser de sérieuses questions. Parce que non seulement les coûts de ce système vont devenir écrasants pour toute la collectivité, mais en plus, on va se retrouver dans une situation humaine et sociale qu’aucune société ne recherche.

Bref, la vie sera comme un mercredi après-midi, sur la 3e à Limoilou.

Dr. Réjean Hébert, nous sommes à genoux, les bras tendus, les oreilles ouvertes. Sauvez-nous!

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