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Les sans-gênes

19 avr

«Force nécessaire pour assurer la sécurité», selon notre ministre de la Sécurité publique.

Il y a des gens qui n’ont absolument aucune gêne.

Comme Jean Charest et Line Beauchamp, qui se permettent de jouer aux inquisiteurs avec les leaders étudiants pour qu’ils «condamnent» la violence et ce, dans un délai donné. Pourquoi pas déguisés en mime en dansant la twist, tant qu’à faire…

Après avoir attendu plus d’une cinquantaine de jours de grève avant de montrer la moindre ouverture au dialogue, agi de manière paternaliste à l’endroit des étudiants et encouragé la judiciarisation du conflit, il y a quelque chose de scandaleux dans le fait de voir ce gouvernement demander aux associations étudiantes de porter seules le poids du pourrissement du conflit. La stratégie est habile, elle permet de prendre les assos à contrepied et de détourner complètement l’attention de l’enjeu de fond de la grève. C’est ce qu’on tente de faire depuis le début, notamment avec les débats sémantiques… Dire que le conflit se trouve exactement là où le gouvernement souhaitait l’amener serait abusif. Je vais donc me contenter de le penser.

Mais à regarder ce qui s’est passé hier à l’UQO, on en profite pour adresser nos salutations cordiales à tous ceux qui ont mené à la judiciarisation du conflit. Ils étaient peut-être dans leur droit d’agir ainsi. Ils sont néanmoins positivement responsables d’avoir entraîner dans le débat des juges qui sont étrangers à la culture des institutions d’enseignement post-secondaire et d’avoir réclamé puis obtenu des jugements qui sont, de par la nature du conflit, inapplicables.

La vérité, c’est que le gouvernement n’a aucune crédibilité lorsqu’il dénonce les méfaits causés par les manifestants, alors qu’il ferme les yeux sur les abus commis pas les autorités dans cette crise.

Voici un petit résumé des actions questionnables qui ont été posées depuis le début.

  • Policiers chargeant les manifestants alors qu’ils se dispersent, lors de la manif du 1er mars devant l’Assemblée nationale.
  • Un jeune qui perd un œil, alors qu’il est assis à jouer de l’harmonica, suite à l’utilisation douteuse de matériel de dispersion, lors d’une occupation pacifique devant un immeuble à bureau. Le jeune allègue que les policiers lui ont refusé assistance.
  • Des policiers camouflant leur matricule lorsqu’ils interviennent dans les manifestations, démontrant par l’absurde que les manifestants masqués ne sont pas les seuls à avoir des choses à cacher…
  • Expulsion musclée de manifestants à l’UQAC, condamnée par plusieurs professeurs de l’institution.
  • Sanctions à l’égard d’élèves du primaire et du secondaire ayant manifesté leur appui aux grévistes.
  • Arrestation de deux journalistes, devant les bureaux de Lyne Beauchamp et saisie de leur matériel.
  • Un haut-fonctionnaire des Affaires municipales qui invitent les militants anti-grève à s’inspirer des fascistes années 30.
  • Embauche, à l’Université de Montréal, d’une force de sécurité composée de gorilles incarnant à merveille les limites actuelles de l’accessibilité aux études, certains portant des gilets pare balles (!??) et adoptant un langage offensant, notamment à l’égard des professeurs et des membres de minorités visibles.
  • À l’UQO, arrestations de professeurs, journaliste bousculée, profilage idéologique pour l’accès au locaux et arrestation de 160 manifestants par les forces du désordre de l’ordre.

Bref, devant ce climat de crise, un gouvernement responsable appelerait à la tempérance et à la mansuétude des détenteurs du droit exclusif de l’usage de la force par l’État.

On ne lui demande même pas de «condamner» le travail des policiers. Il ne le peut pas vraiment, c’est vrai. Mais quand on exprime avec autant de passion son rejet de la violence et qu’on se permet de faire la leçon aux autres, on se crée une obligation de montrer patte blanche. On ne peut pas être à moitié au-dessus de la mêlée, témoigner d’une moitié de sens de l’État.

Mais ce gouvernement ne le fera pas, inciter les autorités à la prudence. Il ne le fera pas, parce qu’il est très à l’aise avec la force déployée pour casser la grève.

Mais là où tout cela a de quoi choquer, c’est lorsque l’on fait le bilan du degré de responsabilité de ce gouvernement dans l’application de ses fonctions régaliennes de l’État. À ce moment, on se rend compte à quel point c’est plus facile de condamner une bande de flops de 21 ans que de courir après de grosses légumes.

Et les arrestations de l’UPAC de cette semaine viennent nous le rappeler opportunément.

  • Ce gouvernement a minimisé aussi longtemps qu’il a pu les révélations entourant l’industrie de la construction. «Des allégations», tout au plus, a-t-il répété pendant un an.
  • Pour éviter de créer une commission d’enquête, il a évoqué qu’il faudrait trop de temps pour la mettre en place. Cela fait maintenant 3 ans et la commission annoncée à l’automne n’a pas encore commencé ses audiences. Combien de temps avons-nous perdu? Combien de preuves ont été détruites?
  • Devant l’évidence et la multiplication des faits, se rapprochant de plus en plus de lui, il n’a pas eu le choix, il a fini par créer l’Escouade Marteau.
  • On a également défendu, aussi longtemps qu’on a pu, David Whissel et Tony Tomassi, pour qui on avait modifié les règles d’éthique liant les ministres, le deuxième ayant même reçu une ovation debout de ses collègues, quelque jours avant de démissionner pour une histoire de pot-de-vin, pour laquelle il fait actuellement l’objet de poursuites criminelles.
  • On a continué de nier les évidences avec la dernière énergie, dans le dossier des garderies, en refusant de dévoiler les rapports d’évaluation des projets accordés à des contributeurs libéraux.
  • On se rappelle également les révélations de Bellemare sur la nomination des juges, du cirque de la commission Bastarache et de notre rencontre avec les personnages de Charles Rondeau et Franco Fave, de la découverte des «post-it» de Chantal Landry.
  • Les procureurs de la Couronne et les juristes de l’État, force active du gouvernement pour faire respecter ses lois et s’assurer du développement d’une jurisprudence favorable à l’intérêt collectif, n’ont pas oublié le peu de cas qui fut fait de leurs conditions de travail par ce gouvernement si épris de justice.
  • Voyant que rien ne permettait de rétablir la crédibilité du gouvernement, on a fini par créer l’UPAC. Pour que le gouvernement invente ce qu’il présente aujourd’hui comme une panacée, il aura fallu deux ans.
  • Après le rapport Duchesneau, acculé au pied du mur, deux ans et demi après le début des révélations, Jean Charest finit par créer une commission d’enquête transparente et indépendante, non pas sans avoir initialement tenté de nous refiler sa «patente à gosses» et d’avoir humilié au passage deux ou trois de ses ministres.
  • Suite aux fuites informant le public qu’une taupe s’apprêtait à dévoiler des renseignements policiers ultra-sensibles au crime organisé, ordonner une enquête sur les fuites, plutôt que sur la taupe.
  • Encore aujourd’hui, le gouvernement se fait tirer l’oreille pour fournir aux enquêteurs les documents nécessaires pour faire la lumière sur l’attribution des places en garderies. Cherche-t-on à protéger Michelle Courchesne?

Voici donc un gouvernement qui a foulé au pied un nombre incalculable d’institutions démocratiques québécoises, qui a étiré l’élastique éthique à son maximum, qui a joué au chat et à la souris aussi longtemps qu’il a pu pour éviter d’aller au fond des choses.

Et c’est ce gouvernement de sans-gênes qui vient faire la morale aux assos aujourd’hui?

Mais, ma parole, de l’autorité morale, il n’en a plus!

Quand le gouvernement lui-même témoigne d’aussi peu d’attachement à ses propres fonctions régaliennes, comment peut-il se scandaliser ensuite que les gens les respectent eux-mêmes si peu?

C’est un peu comme si McDonald’s dénonçait la malbouffe ou que BP condamnait la pollution des océans.

Abimer la propriété publique témoigne de bien peu d’attachement aux valeurs collectives que l’on dit défendre. Heureusement, les blessures graves dans tout ce conflit demeurent rares, ce qui témoigne que, mine de rien, ce conflit a été remarquablement bien ordonné depuis le début. Les seuls actes «irréparables» sont venus du côté des policiers en fait…

Ça ne vient pas légitimer le vandalisme, donc. Vandalisme qui sert manifestement très bien la stratégie du gouvernement.

Mais cela vient simplement nous rappeler que la morale, l’ordre public et le bien commun, ça n’intéresse bien les libéraux que lorsque ça sert leur intérêt partisan.

À armes égales

16 mar

J’ai entendu dire hier que le gouvernement se payait de la pub sur NRJ pour défendre la hausse des droits de scolarité.

C’est de bonne guerre, ils ont le droit. Ils auront à répondre, toutefois, de leur manière d’attribuer les ressources. Si le Québec est tellement pris à la gorge qu’il a besoin de quasiment doubler les frais de scolarité des étudiants, il faudrait qu’il fasse sa part, lui aussi…

Ceci dit, là où ce n’est pas tout à fait juste, c’est que le mouvement étudiant ne se bat pas à armes égales avec le gouvernement là-dedans. Il n’a pas les mêmes ressources, pas les mêmes pouvoirs. Ultimement, c’est le problème majeur, dans le débat actuel, c’est-à-dire que,  dans cette société, les jeunes en général et les étudiants en particulier n’ont pas vraiment voix au chapitre lorsque vient le temps de prendre des décisions essentielles pour leur avenir. Allez vous demander pourquoi ils doivent occuper des building et des coins de rue pour qu’on s’intéresse à eux maintenant…

Bref, je n’ai pas beaucoup le temps de vous écrire ce matin, alors je laisse la parole aux gens derrière l’initiative du Fond rouge. Plusieurs anciens étudiants se sont demandés comment soutenir la cause. Voici votre chance d’aider le brave petit David à se gréer d’une bonne grosse pétacle pour envoyer dans la sale figure du perfide Goliath.

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Né d’une fin de semaine de travail bénévole entre professionnels du web, ce projet vise à informer les citoyens sur la hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement du Québec.

Concrètement, Fond rouge est un site web où nous invitons la population à acheter un ou plusieurs pixels rouges en symbole de leur appui aux étudiants. En plus de leur don, les internautes sont invités à partager un message sur leurs pixels rouges.

Les fonds servent à financer l’achat d’espace publicitaire à grande visibilité. L’objectif est de renseigner le grand public sur les répercussions socio-économiques de la hausse des frais de scolarité. En effet, nous pensons que l’avenir du Québec passe par l’éducation et ce, dès aujourd’hui.

Fond rouge est un projet autonome qui n’est associé à aucun regroupement politique, étudiant ou syndical. Il s’agit également d’une des premières initiatives non étudiantes de mobilisation contre la hausse des frais de scolarité.

Ce projet, entièrement réalisé les 3 et 4 mars derniers, est un coup de pouce de la part de professionnels du web et des communications. C’est aussi un moyen pour la population de montrer son appui à cette nouvelle génération qui milite pour l’avenir social du Québec.

Vous pouvez participer à cette initiative en partageant la page à votre réseau.

Vous pouvez visiter le site du projet au www.fondrouge.org

Merci de votre intérêt pour Fond rouge

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Facque c’est ça. Donnez généreusement, mes enfants!

Disney est dans les détails

2 mar

«Heille l'gros! Ça chile ben plus que le Parlement ça...»

On déplore souvent que la politique est devenue spectacle. Que nos personnalités politiques se soumettent à une forme de «peopolisation» de leur image. Que le bagou et l’attitude des leaders l’aient emporté sur leur programme et leur force de proposition. Que des questions comme «Est-ce que je prendrais un café avec?» ou «Est-ce que je lui ferais garder mes enfants?» définissent bien plus le vote des gens que les idées. Que les chefs politiques, en fait, prennent trop de place dans le débat par rapport aux partis, aux programmes et aux candidats locaux.

De cette tendance, que je constate également, je n’ai jamais réussi à m’indigner réellement. J’ai toujours trouvé ça, disons, normal.

En effet, c’est comme quand les analystes de football se livrent à des prédictions au sujet d’un match à venir. Ils vont évaluer qui, de chaque équipe, a l’avantage sur une série de critères : le coaching, l’offensive, la défensive, les unités spéciales. Et puis il y a les impondérables. Il s’agit de ce qu’on ne peut pas prévoir d’un match. Les blessures, l’adaptation à la stratégie de l’autre, les décisions des arbitres, les tirages au sort, les conditions atmosphériques.

M’est avis que, même si ce n’est sans doute pas vécu par les électeurs de manière aussi consciente, c’est pour cette raison que les personnalités des politiciens prennent tant d’importances aujourd’hui. Parce que le parcours d’un politicien en exercice sera lui aussi marqué par des impondérables. Des changements dans la conjoncture économique, la performance de ses ministres, des scandales, petits ou grands, des crises, causées par des tensions politiques ou des phénomènes naturels et etcetera. Bien souvent, ces éléments définieront bien plus le parcours d’un politicien que le respect de son programme, autant aux yeux de l’électorat que par-devant l’histoire, notamment à cause de la forte attention médiatique qu’ils reçoivent.

En gros, donc, c’est une question de confiance. Les gens cherchent à savoir de quoi «l’homme est fait», afin de savoir s’ils en veulent comme premier ministre. Et ce qui «le fait», ce sont les multiples petits détails plus ou moins utiles, comme son sens de l’humour ou sa capacité à jouer d’un instrument de musique.

Et bien moi, je suis pareil. Sauf que ce sont les sociétés que j’évalue de cette façon.

Au-delà des grands débats, des nouvelles qui font la une pendant une semaine, allant du suicide de la petite Marjorie au prof de Sorel qui athéïse Édith Piaf, comment vivons-nous notre vie? Au quotidien, dans les plus petites organisations, comment tranchons-nous les débats, quelles sont les valeurs que nous mettons de l’avant? Je pense que ça en dit très long sur nous ça.

Vous devinez que si j’en fais un billet, c’est que j’ai un exemple à donner.

J’ai une de mes amies qui enseigne au secondaire. Sa clientèle vient d’un milieu socio-économique aisé, disons.

Hier, elle a eu une drôle de journée. C’est qu’elle a du donner son cours devant le deux tiers de sa classe. En effet, l’autre tiers avait commencé la relâche en avance, parti de l’école la veille, avec en main un billet de leurs parents, soucieux de traîner leur marmaille dans le sud ou en voyage de ski.

Qu’est-ce que l’école a fait? Elle les a accommodé, évidemment. C’était à la demande des parents… Sauf que ça a causé quelques tracas, mon amie ayant eu à faire du temps supp. Il y avait en fait un examen de prévu et il a fallu planifier une autre évaluation pour les vacanciers précoces.

Sauf qu’hier, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais il y avait une grosse manif à Québec. Nos jeunes ne vivent pas dans une cage de verre. Puis, ils s’en vont bientôt au cégep, puis à l’université. Ça les interpellait, donc.

Ok, on ne se fera pas accroire que, dans nos polyvalentes, la jeunesse est fortement mobilisée, arborant son carré rouge, présentant un front uni, y en a bien une bonne gang qui s’en sacre. Mais toujours est-il que, dans la classe de mon amie, il y en avait un bon tiers qui avait envie d’aller marcher.

Elle en a avisé ses supérieurs qui lui ont donné des consignes claires : les retenir, à tout prix, faire miroiter la possibilité de sanctions pour les récalcitrants, le tout en conservant, surtout, une stricte neutralité sur cet enjeu.

Mon amie a donc du prendre une période pour expliquer à ces jeunes qu’ils ne devaient pas, sous aucun prétexte, se rendre manifester aujourd’hui. Pour ou contre (faut rester neutre!), elle leur a suggéré d’autres moyens de faire entendre leur opinion (pour ou contre) d’une autre manière, en écrivant à leurs élus, dans les journeaux, sur Facebook. Elle leur a expliqué que leur place, c’était à l’école, pas dans la rue (qu’ils soient pour ou contre) et que ce n’était pas leur combat à eux… pas encore cette année en tout cas. Et mon amie, bien, elle a trouvé ça bien difficile d’avoir à faire ça.

À la limite, l’exercice n’a sans doute pas été vain. Faire jaser les jeunes de politique, en classe, les amener à réfléchir sur la manière d’agir sur un enjeu, c’est déjà quelque chose. (Quoique, ils n’ont pas vu de matière anyway… Z’auraient bien pu aller marcher…) Je comprends également dans quelle situation se trouve la direction. Tu ne peux pas répondre à un parent : «Ben ouais, le précieux être que vous avez placé sous notre garde voulait partir de l’école, facque on l’a laissé faire… S’est pas fait gazer toujours?»

Ceci dit, qu’est-ce que ça dit de notre société tout ça?

Ça dit que, dans notre société, vous pouvez bien foxer l’école pour aller vous faire dorer la couenne dans le sud, si tant est que c’est ce que vos parents souhaitent. Deux jours, trois jours, pas de problème. Mais manquer deux périodes de classe pour aller manifester pour votre avenir, alors là…

C’est profondément troublant. Voilà une société où le consumérisme et l’hédonisme ont pris le dessus sur le sens civique. Crime, les jeunes qui sont partis en voyage, ils ne sont pas en stage humanitaire au Nicaragua ou à Florence pour s’initer aux canons de l’art pictural de la Renaissance italienne. Ils sont allés dans le sud. S’amuser. Se prendre de belles photos en maillot pour mettre sur Facebook et se faire des marques de bronzage pour montrer dans les vestiaires. Une de mes amies a inventé une expression qui, je crois, s’applique bien à cette situation, soit «le douchebagisme intellectuel».

Bref, si vous voulez manquez la classe pour aller claquer du fric à Magic Kingdom, le système vous encourage en vous accommodant. Mais si vous désirez plutôt aller exprimer votre mécontentement devant «votre» Parlement, on vous collera une retenue ou une copie.

Et on s’étonne que le taux de participation électoral soit si bas? Que le sens civique se perde? Que le cynisme nous ronge? Le message que l’on reçoit, dès notre plus jeune âge, c’est que l’action politique est répréhensible en elle-même. En fait, à moins qu’elle ne s’exerce dans un cadre strictement défini, encadré, limité. En gros, militer si vous voulez, mais pour autant que ça ne nous dérange pas. Et surtout, chers profs, ne donner pas votre opinion. Sous aucun prétexte, même si on vous la demande. La neutralité, l’objectivité, c’est le devoir du citoyen! Avoir une opinion c’est pas beau… et l’ignorance, c’est la force, comme disait Orwell.

Les autorités, nos institutions, considèrent que la quête du plaisir est en elle-même une activité plus légitime que l’action politique, qui vous apportera en fait dans notre société une plus grande gratification. Et nos jeunes ne sont pas cons, ils comprennent le message 10/10.

Le diable est dans les détails, donc. Et les détails, ces décisions de micro-management, dans un milieu fondamental pour notre avenir comme l’école, voilà ce qu’ils disent de nous. Que nous sommes une société où la consommation est devenue la mesure de tout, où l’on contrôle les masses en les y enfermant. Je ne suis pas fan d’analyse marxiste, mais difficile de trouver un autre référent face à pareille situation.

C’est donc ce que nous sommes en train de bâtir. Une société atomisée, d’individus qui, chacun de leur côté, jouissent sans entrave, une société apolitique, une société obéissante.

On n’ira peut-être pas bien loin, mais on va avoir du fun en maudit! Pas mal plus, en fait, qu’en allant prendre un café avec François Legault…

Générique

15 nov

Et voilà! Au moment même où je franchis les lignes canadiennes, je publie cet article. Un billet pour vous remercier et pour révéler quelques détails sur ce voyage. J’écrirai encore certainement là-dessus dans les prochains jours (j’ai du stock accumulé que je n’ai pas réussi à passer, encore que je vais peut-être prendre quelques jours de congé…) mais dans l’immédiat, voici une sorte de conclusion à ce voyage rempli d’émotions.

La «soundtrack» de ce voyage

Si vous avez déjà fait de la route aux États-Unis, vous savez qu’il y a beaucoup, beaucoup de stations de radio, que beaucoup d’entre elles diffusent du country, mais qu’il y en a encore plus qui font dans le «classic rock», comme CHOM ou FM 93,3 ici. C’est un style que j’apprécie bien. Il y a une certaine redondance toutefois. Pour lire ce billet, je vous recommande donc d’écouter cette playlist (en entête ou avec ce lien : http://www.youtube.com/playlist?list=PL1CF74B335E45F6CA) que j’ai bâtie sur Youtube, qui présente les huit chansons que j’ai le plus entendues dans mon voyage. (Je pense que Valérie Savoie va particulièrement aimer…)

Si vous prenez la route pour plus d’une heure aux États-Unis, en passant d’un poste à l’autre, les chances que vous entendiez au moins l’une d’entre elles avoisinent le 100% et si vous roulez pour plus de trois heures, il y a plus de 50% de chance que vous les ayez toutes entendues. Surprenant. Deux chansons de Talking Heads, en plus… Je n’hésite pas à dire que c’est la trame sonore de l’Amérique. Je les connaissais toutes, on les entend des fois chez nous, mais aux États-Unis, c’est sur une base quotidienne. Heureusement que ce n’est pas mauvais.

Sans oublier les Québécois

Merci à Karkwa, aux 12 Hommes rapaillés, à Marie-Mai, Éric Lapointe, Robert Charlebois, François Pérusse, Gilles Vigneault, Galaxie, Dumas et les Charbonniers de l’enfer. Dans les moments de blues, ils m’ont donné un sérieux coup de pep. Quoi qu’on dise et quoi qu’on pense de leur valeur artistique ou de leur personnalité, ils représentent ensemble, en quelques sortes, ce que le Québec est, en ce moment. Merci d’exister.

Les États que j’ai traversés

Michigan, Indiana, Illinois, Missouri, Arkansas, Tennessee, Mississippi, Louisiane, Re-Mississippi, Alabama, Re-Tennessee, Kentucky, Ohio, Pennsylvanie, New York. Ça fait 13. Quand tu le dis vite, c’est impressionnant!

Mon meilleur coup

Décider d’arrêter à Springfield, Illinois, pour visiter tous les sites mémoriaux de Lincoln. Une des journées les plus instructives de mon voyage.

Si c’était à refaire…

J’aurais prévu un costume d’Halloween et un jersey du Canadiens pour le match à Nashville. J’aurais du acheter un petit souvenir (genre un porte-clé) dans chaque ville où je suis passé. Ça m’aurait fait une belle collection. Je n’y ai pensé qu’à New Orleans malheureusement. Mieux encore, j’aurais pu me poster une carte postale à partir de chaque endroit, en décrivant mon sentiment du moment. Ça aurait été de belles pièces pour le ”Musée présidentiel Claude Villeneuve” ça…

La chose que je n’ai pas dite à ma mère avant de partir

Sans l’avoir voulu délibérément, je me trouvais à visiter, au cours de ce voyage, quatre des cinq villes les plus criminalisées des États-Unis, soit Detroit, St-Louis, Memphis et New Orleans. (Je ne me rappelle plus de la 5e… Baltimore? DC? New York? En tout cas…) Heureusement, il ne m’est rien arrivé de fâcheux. Comme ils le disent dans le Lonely Planet, les crimes surviennent habituellement entre des gens qui se connaissent déjà… De là à dire qu’on est plus en sécurité là où on ne connaît personne, il y a un pas. L’enfer, c’est les autres, c’est bien connu.

Et quelques remerciements…

Vous avez été nombreux à m’écrire, à commenter mon blogue, à partager mes billets. Je vous remercie, je ne peux tous vous nommer, mais certains se sont démarqués. Je ne peux faire autrement que de mentionner ce que j’appellerais ma «formation partante» : Marie-Michèle Dubeau, Sonia Goulet, Véronique Trudeau, Isabelle Fontaine, Daniella Meneghini et Geneviève Fortin-Boudreault. Elles ont été les plus assidues. (On dirait qu’y a juste des filles qui aiment ce que j’écris… Comment ça se fait, coudonc, que je suis encore célibataire???) À Geneviève, j’en profite pour dire que je suis ému de t’avoir accompagné dans ces moments si précieux, remplis d’une tendresse inquiète. (Elle vient d’avoir un poupon…)

Mention spéciale à Marco Tremblay. Ça va sonner prétentieux, mais c’est rare que je rencontre quelqu’un qui m’accote en culture générale et en connaissance de ces moult détails plus ou moins utiles mais parfois amusants. Merci à Jennifer Drouin, également, de ses commentaires, suggestions de visites et, surtout de non seulement m’avoir hébergé à Tuscaloosa, mais aussi de m’avoir prêté le drapeau du Québec qui aura mené le Canadiens vers la victoire à Nashville.

Je veux aussi remercier mes amis les plus proches, ceux avec qui je partage mon quotidien à Québec. Merci à Marc-Antoine Fortin, Véronique Savard et Sébastien Vigneault de m’avoir donné des coups de pied dans le cul jusqu’à ce que je décide de partir. Merci à David Mérette pour m’avoir fait bénéficier de son expérience de voyage et autres réflexions philosophiques. Merci à Marie-Claude Fortin de ne pas m’avoir envoyé de mot d’encouragement. Merci à Valérie Bédard des conseils créatifs et techniques pour réaliser ce voyage. Merci à André-Pier Bérubé pour ses commentaires et son aide pour améliorer mes textes. Merci à Audrey Gagnon de s’être occupée de ma plante et d’avoir surveillé mon apparte. Salutations au passage à mes voisins, Vincent et Noémi, qui ont fait de même. Merci à Janie Lavoie. On ne s’est pas donné beaucoup de nouvelles pendant mon absence, mais j’ai pensé à toi tous les jours.

Finalement, merci à Jacques, Marlène, Marie-Josée, Daniel, Noé, Miana et Yvette d’avoir toléré que je leur fasse subir un autre des mes plans de grand ado et de m’avoir appuyé là-dedans. J’ai hâte de vous retrouver. Je vous aime.

Pour finir, un mot du Neon

Le Neon tient à adresser, à tous ceux qui ont douté de sa capacité de rallier la New Orleans et à en revenir, un retentissant «Fuck you!» Je sais, c’est un peu impoli, mais c’est lui qui le dit… Après s’être mesuré à tous ces arrogants SUV et autres trucks dans la jungle auto-routière américaine, il est devenu un peu tête enflée, le Neon… Pour le récompenser, il aura néanmoins droit à un beau changement d’huile et des nouveaux pneus d’hiver dès le retour.

Merci pour tout et à bientôt!

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