Les imbéciles heureux

7 déc

Un individu contemplant sa propre «ouverture sur le monde»

«Imbécile heureux».

Cette expression m’est venue en tête hier. Je vous dirai quand plus loin, mais peut-être le devinez-vous déjà.

Soucieux de ne pas l’utiliser à mauvais escient, je suis allé chercher sur Internet une définition adéquate à ce terme. J’en ai trouvé une qui me satisfaisait sur Yahoo Questions/réponses :

«Il y a trois types de personnes dans la vie. Ceux qui savent et qui le savent. Ceux qui ne savent pas et qui savent qu’ils ne savent pas. Et ceux qui ne savent pas et qui ne savent pas qu’ils ne savent pas. Qui est l’heureux élu?»

C’est exactement ça un imbécile heureux. C’est quelqu’un qui affiche son ignorance, avec la conviction intime qu’il s’agit d’une perle de sagesse, s’attendant sincèrement à susciter l’admiration. Récoltant plutôt l’inverse, il se défendra en se qualifiant d’iconoclaste et en pleurnichant sur combien il est difficile, dans notre petit monde carré et obtus, d’être indépendant d’esprit.

Bref, c’est exactement l’impression qui m’est venue en tête en lisant hier le texte de Jérôme Lussier intitulé «Doléances pour un Québec dépassé». Jean-François Lisée y a proposé une réponse très efficace, encore que je considère qu’il ménage Lussier en ne l’attaquant pas sur le fond.

Ça fait longtemps que je réfléchie sur cette drôle de coalition entre libertariens capitalistes et multiculturalistes gauchistes pour mener une guerre tous azimuts contre toute velléité de défendre ou promouvoir notre identité, sous quelque forme que ce soit. Une alliance bizarre entre Jeff Fillion et Vincent Geloso d’une part et Daniel Weinstock et le «all-star crew» des organisations «jeunes» comme Génération d’idées et l’Institut du Nouveau monde d’autres part.

Ça fait longtemps que je me questionne là-dessus et, à tout seigneur, tout honneur, le premier qui a attiré mon attention là-dessus, c’était Mathieu Bock-Côté, autour d’une bière à «La Maisonnée», il y a de cela quelques années. Bizarrerie du contexte, Mathieu écrit là-dessus ces jours-ci, alors que Jérôme Lussier nous offre son trésor d’étourderie.

J’ai souvent le sentiment que ces gens qui prônent avec tant de romantisme «l’ouverture sur le monde» sont souvent singulièrement ignorants de ce qui se passe ailleurs. Que ceux qui démonisent les États-Unis (sauf New York, San Francisco et Austin, Texas) ignorent la créativité et la diversité qu’on y trouve, de même que ceux qui les idéalisent font l’impasse sur la présence de la pauvreté qu’on y voit et sur la fierté arrogante avec laquelle ils affichent leur culture. J’ai l’impression que ceux qui se lamentent que le Québec n’est pas assez «ouvert sur le monde» ignorent commodément que c’est un des peuples sur la planète qui comptent le plus de bilingues et de trilingues et qui exporte le plus sa culture (toute proportion gardée…). Plus encore, les nationalistes sont justement ceux qui affichent le plus de fierté de ces états de fait, alors que nos «ouverts» aiment les décrire comme des caricatures d’individus prostrés, fermés sur eux-mêmes, des espèces de Séraphin perpétuels. Vous auriez du voir la quantité de messages que j’ai reçus, alors que je partais aux États-Unis : «Ouais, un péquiste aux États-Unis… Va falloir que tu parles anglais, tsé…» Ben oui… Et la plupart des péquistes que je connais ont un meilleur anglais que les gens qui votent encore libéral ou ADQ dans le Québec francophone.

Justement, je suis content de parler anglais parce que je voudrais aller dire partout sur la Terre comment mon pays est beau. Et il n’y a pas juste l’anglais dans la vie. J’aimerais lire Don Quichote dans la langue de Cervantès, les Mille et unes nuits en arabe ancien. J’aimerais, comme Indiana Jones, déchiffrer les inscriptions en sanskrit. J’aimerais comprendre les films coréens dans leur langue originale. J’aimerais pouvoir séduire une allemande, une russe ou une suédoise dans sa propre langue. Mais il n’y a que 24 heures dans une journée, 365 jours dans une année et trop peu d’ans dans une vie pour faire tout ça.

Et une autre anecdote tien. Je roule sur l’autoroute, pendant mon voyage. À un moment donné, je prends une sortie pour vérifier mon itinéraire. Devant moi, une immense affiche, sur une grange. Jésus-Christ, les bras en croix, y dit : «Why do you kill my children?» J’aurais voulu la prendre en photo pour pouvoir écrire sur Facebook : «Photo prise dans le deep south… de l’Ontario!» Bref, vous avez des régions du Québec une image fermée et rétrograde? Essayez donc Red Deer ou le Kentucky, juste pour voir…

Bref, beaucoup d’ignorances de la part de Lussier. Ignorance sur l’ouverture du Québec. Ignorance sur la pensée nationaliste. Ignorance sur le degré d’ouverture réelle des peuples qu’on aimerait bien singer.

Lors de mon court passage à la Faculté de Droit de l’Université de Montréal, je m’étais livré à un échange épistolaire avec un confrère dans les pages du Pigeon dissident sur la question du nationalisme. Futur candidat adéquiste et officier du plus haut niveau de ce parti, mon opposant s’était fendu d’un texte où il reprenait un vieux classique du néo-libéralisme identitaire. «Le nationalisme, c’est la guerre.» J’ai répondu en citant Dédé Fortin qui avait dit, quelques temps avant de mourir, que la guerre ne venait pas du fait que chaque peuple défende son droit à exister, mais bien qu’on le lui retire. Je disais craindre une «McDonaldisation» du monde. Je concluais en disant que j’avais l’intention de défendre ma culture aussi chèrement que j’espérais que tous les peuples du monde le fassent pour la leur. Pour le patrimoine de l’humanité.

Ce con m’a alors offert une réponse épique : «Lorsque je suis allé à Tokyo (Sous-texte : «Je suis ouvert, je voyage, moi…»), je suis allé chez McDonald’s et ils vendaient un «Thaï Burger». Comme tu vois, même McDonald’s est sensible aux cultures locales.»

Non mais, vraiment? Le «Thaï Burger» comme concession de McDonald’s à la culture asiatique? Un «burger»? Le «Thaï Burger», au Japon? Merde, s’il y a bien une place où j’aimerais goûter un «Thaï Burger», c’est peut-être bien plus à Montréal qu’à Tokyo!

Bref, chez ces gens, une forme de «tolérance» envers les autres cultures, mais pas la nôtre. Un monde réduit à quelques 4 ou 5 grands groupes culturels, tels l’Anglosphère, «les Europe», les «Asian» et les «Noirs d’Afrique»?

Vous aurez beau me dire qu’il ne faut pas généraliser, mais à partir de ce moment, j’ai décidé de ne plus jamais me laisser définir comme le gars «ignorant-parce-que-nationaliste».

Comme par Raymond Lalonde, ancien directeur du marketing du Canadiens, maintenant chez les Alouettes. Il se vantait d’appeler personnellement le personnel d’animation du Canadiens pendant les matchs pour leur demander plus de chansons de U2, son groupe préféré, élément confirmé par des journalistes l’ayant suivi. Que ce soit pour justifier le refus arrogant de diffuser «Le But» de Loco Locass ou encore sur l’absence du moindre élément de culture québécoise dans la cérémonie du Centenaire (si vous teniez tant à l’anglais, aurait-ce été si terrible, maudit, de mettre Hallelujah de Leonard Cohen plutôt que le thème de Forrest Gump pour le vidéo commémoratif???), la réponse était la même : On évolue dans un marché nord-américain, faut sortir de notre cocon, «s’ouvrir sur le monde».

Bien, n’en déplaise à Lalonde, Montréal est effectivement une exception sur le marché nord-américain.

À New Orleans, au Superdome, plusieurs animations sont en jazz et quand les Saints marquent un toucher, c’est «Ho when the Saints are marching in». Et c’est la fête. À Nashville, lors des matchs des Predators, il y a des animations en country. Et les gens sont fiers. En fait, Montréal est bizarrement le seul endroit que je connaisse en Amérique du Nord où on ne voit pas notre particularisme comme un avantage. Pas de Cowboys fringants, de Bottine souriante ou d’Éric Lapointe au Centre Bell. On veut U2! (Pis un peu de Marie-Mai…)

Pourriez-vous imaginer la discussion suivante à New Orleans :

«Ouain… Le jazz, faudrait pas trop abuser… Le jazz! Le jazz! On parle juste de ça pour faire la promotion de la ville… C’est pas tout le monde qui aime ça, le jazz… Faudrait «s’ouvrir» aux autres musiques, arrêtez «d’imposer» le jazz…

- Ben oui, y en a plein d’autres genres ici… Du blues, du rock…

- Ouain? Pis la hip-hop? Pis le country? Sont où? Tsé, y a peut-être plein de monde qui aiment pas le jazz et qui ne viennent pas ici à cause de ça! Ou qui viennent et qui repartent, parce qu’ils aiment pas le jazz! Je suis sûr qu’ils se sentent brimés…

- Ben oui, mais le jazz, c’est ça qu’on est, c’est notre histoire, c’est notre fierté…

- Ben là, se serait le temps de «s’ouvrir sur le monde» et de moins défendre le jazz…»

C’est caricatural? Bien oui. Le discours des multiculturalistes aussi.

On est ce que l’on est, autant l’embrasser. Ce n’est pas un boulet. C’est notre richesse. Montréal est Montréal parce qu’il est français. C’est ça notre point pour nous démarquer. Sans le français, on ne devient pas New York. On devient Cincinnati, comme le soulignait encore récemment Bock-Côté. Au lieu de voir le français comme une affaire fatigante à défendre, peut-on enfin en faire une vraie fierté, un porte-étendard? Pas besoin d’appeler Clotaire Rapaille pour nous «rebrander»! Notre marque de commerce, on l’a déjà!

Alors, c’est ça. Lorsque je lis des textes comme celui de Lussier, j’ai juste le sentiment que ces gens-là sont singulièrement ignorants du monde dans lequel ils vivent. Qu’ils sont assis sur une richesse alors qu’ils voient le Québec comme Job sur son tas de fumier. Ils se trouvent tellement ouverts. Mais leur vision du monde est tellement partielle.

Bref, en terme d’imbéciles heureux, le Québec avait déjà ses Elvis Gratton. Il a maintenant ses Jérome Lussier. Plus polis, plus lisses, plus branchous, plus présentables. Mais tout aussi ignorants et méprisants envers ce que nous sommes.

24 Réponses à “Les imbéciles heureux”

  1. Jaques-Michel Desfossés 7 décembre 2011 à 16 h 40 #

    Wow!

    Tu fesse fort mon Claude. J’aime ça!

    Moi aussi je suis ouvert sur le monde et parle plusieurs langues. Vas falloir qu’on comprenne un jour que le nationalisme Québécois (du moins celui que je vie) n’as pas pour but d’exclure qui que ce soit. Mais d’inclure les nouveaux arrivant à la nôtre. À condition qu’ils accepte notre nous collectif et notre langue commune.

    Je ne suis pas un raciste à l’esprit étroit. Je suis un Borg! Toute résistance est inutile… :)

  2. Ginette V. 7 décembre 2011 à 19 h 22 #

    J’applaudis à votre écriture……

  3. Julien Beauregard 8 décembre 2011 à 0 h 05 #

    Eh ben, t’étais crinqué!

  4. DANIEL 8 décembre 2011 à 0 h 12 #

    Avant de lire le texte de Lussier pour me faire une opinion, laisse moi te dire Claude, tu lui as bien planté ta plume au vitriol. Chapeau, j’adore ta repartie !
    S’ouvrir au monde, pour moi, ne veut pas dire renoncer à son être. Avant d’embrasser la culture de l’autre, il faut se définir soi-même. Si le québécois francophone ne s’accepte comme tel, que dirait au nouvel immigrant qui vient s’installer ici? Familiarisez-vous avec la culture anglo? Laquelle? Celle des Étatsuniens ! moi, je cherche encore la définition de la culture canadienne.
    Dany

  5. Alexandre 8 décembre 2011 à 1 h 23 #

    C’est comme un roman…

  6. Sébastien Marcil 8 décembre 2011 à 2 h 39 #

    Bravo. Sincèrement. Tu arrives judicieusement à mettre des mots sur les maux de notre société. Le dernier communiqué du NPD, sur le Pendjabi le démontre d’ailleurs clairement. Falardeau disait : “le monde va din rues pour l’indépendance du Tibet, du Timor oriental, du Haut-Karabak. Pis nous autres là-dedans? Y’a tu quelqu’un qui a allumé que le Québec est dans un statut d’injustice?”

    Le multiculturalisme, c’est comme une église, une secte, viarge. Hors de cela, pour eux, c’est la perdition, la honte, le racisme même. Ce sont de profonds hypocrites, au mieux, des apôtres patentés d’un multiculturalisme fade, sans saveur, tellement y’a de mélange. As-tu déjá mangé un repas avec tellement d’épices, de sauce que ça ne goûtait plus rien?

  7. Jen 8 décembre 2011 à 3 h 52 #

    Ben d’accord avec toi! Le colonialisme internalisé de certains m’enrage. C’est justement parce que je suis ouverte sur le monde, que j’ai voyagé, que je parle plus d’une langue que je peux reconnaître à quel point la langue et la culture québécoises sont belles. Ceux qui ne défendent pas leur propre langue et culture courent le risque de les perdre bien vite. C’est pas en “s’ouvrant au monde” pour laisser rentrer tout ce qui vient d’ailleurs au détriment de notre propre culture qu’on démontre une ouverture d’esprit. Il faut d’abord comprendre, apprécier, et faire valoir sa propre culture et là on peut aller la porter aux autres, la faire rayer à travers le monde avec fierté, ce qui pourrait générer des rencontres tout aussi fructueux.

  8. James 8 décembre 2011 à 6 h 44 #

    bonjour,

    Je viens de lire cette article en France, grâce a un bon ami a moi qui l’a publié sur son mur Facebook.

    Je suis né a Montréal d’un père Américain et d’une mère polonaise et j’ai grandi en France. J’ai vécu 6 ans de ma vie au Québec et 16 ans en France, et une des choses que je me suis rendu compte au fil des années c’est que où que tu sois les gens fermer d’esprit , et ce vantant d’avoir vu le monde alors que le mieux qui y est fait soit passer 2 semaines au Maroc comme touristes, sont malheureusement majoritaires et c’est au gens qui ont la modestie de reconnaître que le monde ne s’arrête pas au frontières du pays dans lequel il vivent de secouer la plèbes chauvine.

    Le Canada restera pour moi toujours mon pays, l’endroit ou dans les métropoles on peut marcher 15 minutes dans la rue et entendre 8 langues différentes.

    Je suis Canado-Americano-polono-Français (en terme culturel) et je suis fière de dire que c’est pays ont tous quelque chose qu’on peut respecter et que dans chacun de ses pays il y a des cons. l’avis de ces cons ne m’intéresse pas.

    et je terminerai par une citation d’Albert Einstein: “Je suis réellement un homme quand mes sentiments, mes pensées et mes actes n’ont qu’une finalité: celle de la communauté et de son progrès.”

    • Bernard 28 janvier 2012 à 20 h 36 #

      «
      … Je suis Canado-Americano-polono-Français (en terme culturel)
      »

      Ça me rassure de voir qu’au cours de ton court séjour au Québec tu as au moins eu le temps de voir un film de Pierre Falardeau.

      Par contre, pour quelqu’un qui a vécu 16 ans en France, ça m’attriste de voir la piètre qualité de ton français !

  9. Lilium 8 décembre 2011 à 9 h 01 #

    Ce que je pense de tout ça, mis en vidéo.

    J’espère que vous aimerez.

    • Nathacha Alexandroff 8 décembre 2011 à 15 h 42 #

      Bien fait, bien dit, super…!
      Merci.

    • Renee Houde Edwardh 14 décembre 2011 à 2 h 20 #

      Certains Québecois sont des vicitimes éternelles et il faut l’avouer la plupart sont des séparatistes qui essaient sans arrêt d’intimider les fédéralistes en les appelant les vendus, les traites, les colonisés,les assimilés…etc. Ils veulent fracasser notre pays qui est et sera toujours le Canada,un des meilleurs au monde. Faut pas être bien dans sa peau pour être contre le meilleur. Ils chialent tout le temps le ventre plein des bienfaits du Canada. Ils tournent tout les faits à l’envers pour être encore plus victimes. Je ne répeterai les grossièretésdégoutante de la plus grande victime M. Pierre Falardeau, lui même! En parlant d’Intimidation,d’esprit fermé vous pouvez vous regardez. Je regrette mais après 30 ans de se faire cracher au visage,nous avons décidé que ça suffit le nombril. Nous pensions que pendant tout ce temps, les séparatistes auraient évolués et lentement devenus des Citoyens du Monde, mais non, nous sommes à la même place qu’il y a 30 ans, en perdant notre temps a parler, parler san jamais s’occuper de notre économie et c’est pour çela que nous sommes près de la faillite. Merci au $8.6 Milliards des provinces riches pour nous sauvez du désastre économique. Äucun séparatiste est au courant de la piètre état de l’économie du Québec. C’est pour çela qu’ils sont séparatistes, si ils étaient au courant, il n’y aurait pas 5% de séparatistes. Les élus ont supprimer les vérités. Honte a eux tous. A lire: http://lesanalystes.wordpress.com/2011/12/08/jaimerais-etre-fier-de-ma-nation/#comments

  10. Jean-Luc Dion 9 décembre 2011 à 1 h 21 #

    @Lilium : Bravo ! Un témoignage et une affirmation tout à fait magnifiques de la part d’une Québécoise qui représente pour moi ce qu’il y a de plus beau dans notre jeunesse montante, et j’ai plus de 70 ans : l’énergie, la fierté, le respect de soi et des autres, la volonté d’être et d’agir pour un monde meilleur…
    Oui ! Cessons d’avoir peur, peur d’agir, peur d’exister. C’est ce que je ne cesse de proclamer depuis 50 ans, depuis que j’ai travaillé hors du Québec et appris à connaitre le monde, depuis que j’ai milité avec le Dr Marcel Chaput, co-fondateur du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) et du Parti Républicain, le premier parti indépendantiste des temps modernes, depuis que j’ai compris que notre seul pays est le Québec.

  11. Renee Houde Edwardh 13 décembre 2011 à 16 h 26 #

    Bizarre…ce que Jerôme Lussier disait cela fait 30 ans que je pense de cette manière du Québec. Après tout ces années depuis mon retour au Québec, ne Québec n’a pas broncher un pouce, on parle encore des deux même choses…la langue et la séparation. Entre temps nous sommes devenus la 5e région industrialisée la plus endêtée sur la planète juste après la Grèce. J’ai honte du Quebec, j’ai tellement honte, plus que M.Lussier qui s’est exprimé poliement. Lisée et tous ceux qui flattent l’ignorance du Québec ont fait au cours des années et font très mal à notre province qui depuis tout les temps, a besoin de $8.6 Milliards nous provenant des provinces riches (Alberta, C.B.,Saskatchewan et Terreneuve) pour que nous puissions offrir les mêmes services que les autres provinces. Nous sommes incapable de rembourser notre dette, mais de parler, parler, parler sans agir, le Québec est bon pour çela. J’aurai du respect lorsqu’ils s’éduqueront sur les enjeux économiques et commenceront à être responsables. Le nobril, çela suffit!

    • Renee Houde Edwardh 13 décembre 2011 à 16 h 32 #

      J’imagine que vous allez effaçer mes commentaires, car la plupart des séparatistes aiment supprimer les vérités brutales sur le Québec pour garder leurs adeptes dans la cage à homards,comme dirait Parizeau, et veulent seulement savoir leur côté de la médaille. La seule qui ne supprime ”jamais” sur FB, c’est Madame Marois…incroyable direz vous?

      • V 14 décembre 2011 à 0 h 20 #

        Pas incroyable du tout. C’est moi, lorsque j’étais chez Mme Marois, c’est moi qui avait établie la politique en la matière. Mon approche à ce sujet, c’est que les gens extrémistes qui exagèrent se discréditent habituellement eux-mêmes.

        Ceci dit, chacun doit demeurer conscient que c’est mon espace ici. J’y publie ce que je veux. Aussi, je ne me sens absolument pas dans l’obligation de publier les commentaires que je juge diffamatoires ou haineux. Les vôtres ne le sont pas… pas encore.

      • Renee Houde Edwardh 14 décembre 2011 à 17 h 42 #

        Merçi Je suis impressionnée car la plupart du temps J’ai observé que certains séparatistes tesl Mathieu Bok-Coté ou même Lisée ne veulent pas lire les autres qui ne pensent pas comme eux .Par contre,comme je vous disait je crois auparavent, la page FB de Madame Marois est toujours ouverte…Les pages Beaudoin, Curzi, Lapointe, Aussant sont fermées ainsi que celle de M. Drainville qui l’avait laissé ouverte pour un bout de temps. Félicitations…si on peut se parler peût être d’un jour l’on s’aimera un peu, ou que l’on mettra chacun de l’eau dans notre vin. Olé!

      • V 14 décembre 2011 à 0 h 30 #

        Au passage, je trouve dommage que vous ayez eu le préjugé de penser que j’effacerais votre commentaire. C’est pas beau, les préjugés, vous savez? Je suis bien placé pour le savoir : on accuse assez souvent les souverainistes d’en être remplis…

    • V 14 décembre 2011 à 0 h 59 #

      Vous en avez manqué des bouts en 20 ans! Pendant que vous étiez partie, les échanges entre le Québec et les États-Unis ont augmenté de façon exponentielle, nous avons effectué un rattrapage phénoménal par rapport à l’Ontario, notamment au chapitre de l’emploi, de la R&D et de l’investissement privé, des entreprises québécoises soent devenues des géants mondiaux. Doit-on en profiter pour rappeler que les deux premiers promoteurs québécois du libre-échange étaient les souverainistes Jacques Parizeau et Bernard Landry?

      Évidemment, on parle encore de langue et de souveraineté. Ces questions ne sont pas réglées. Comme on parle de privatisation des services publics depuis 30 ans en Angleterre. Vous suivez les actualités européennes? Ils ont passé la semaine à parler de la viabilité de la zone euro! Ça fait près de 40 ans qu’on en parle! Peuh! De même, les États-Unis continuent de débattre entre protectionniste et free-trader et entre pro et anti-avortement. 20 ans, dans l’histoire d’un peuple, c’est court en «viarge»!

      L’exemple de la Grèce m’amuse beaucoup. D’abord, l’indice de l’OCDE tient compte des dettes cumulées de l’État du Québec, de sa part de la dette fédérale et des dettes de ses municipalités. Je doute que toutes les données soient aussi complètes pour chacun des États évaluées… Ajoutons également que la dette actuelle du Québec est calculée conformément aux règles de la comptabilité moderne, ce qui inclue la plupart des régimes parapublics, ce qui n’est pas le cas de tous les États. Tant qu’à ça, j’aimerais bien que l’on ajoute l’endettement des ménages. N’est-ce pas que cela grève une économie et nuit à sa capacité de faire face aux chocs? On aurait du fun. Sans doute que les États-Unis et plusieurs pays d’Europe viendrait se placer entre la Grèce et nous… Ajoutons que, bien que l’indice de l’OCDE soit en fonction du PIB, je ne peux faire autrement que de constater que pour une population 50% plus grande, la Grèce a le même PIB que nous. Nous avons une économie beaucoup plus dynamique que la Grèce, la résilience du Québec face à la crise en est une preuve. En outre, la dette grecque n’est pas adossé à des actifs de qualité, comme Hydro-Québec. La Grèce n’a pas non plus le sous-sol que nous avons. Bref, comparer la dette de la Grèce à celle du Québec, c’est soit ne rien connaître à l’économie, soit chercher délibérément à faire peur au monde.

      Mais vous avez raison. La dette du Québec est beaucoup trop élevée. À ce sujet, j’en veux beaucoup au fédéraliste Jean Charest qui l’a augmenté d’environ 40%. Plus de 60MM$… Ce gars-là doit rendre des comptes… Par rapport au 18MM$ du gouvernement souverainiste précédent (une fois le ménage des déficits laissés par les libéraux, surtout des immobilisations), c’est quand même assez scandaleux.

      Finalement, sur la péréquation, je suis bien d’accord avec vous! Je pense que nous devrions immédiatement rendre ces 8,6 milliards que nous recevons par année… En échange des 50 milliards d’impôts que nous envoyons avec Ottawa. Ça, ce serait une attitude responsable et dynamique du Québec. Il faudra quand même négocier une forme de compensation, si jamais nous négocions une entente monétaire avec le Canada. La surchauffe dans l’ouest canadien a dopé le dollar canadien et jeté le secteur manufacturier québécois au plancher pendant les années 2000. Notre balance commerciale, qui était positive depuis le début du libre-échange, s’est complètement inversée depuis. Cette situation doit être corrigée ou nous devons être compensés en conséquence.

      Un dernier point : Si vous voulez être sûr de vous conformer à l’argumentaire anti-québécois populaire dans l’ouest, il vous faut modifier un point de votre argumentaire. On nous en veut de recevoir de la péréquation afin de nous payer des «programmes qu’on ne se paye même pas ailleurs». Pas «les mêmes». Au National Post, c’est ça qu’ils disent. Juste en passant… (Je vous le dis, ça sert votre point de vue…) ;-)

      • Jaques-Michel Desfossés 14 décembre 2011 à 1 h 27 #

        Think big stie! Moé si j’srais un séparatiss. J’eul s’rais comme Claude Villeuve stie! Mais touche pas à mes Rocheuses quand même!

        Signé: Elvis Graton! ;)

      • Renee Houde Edwardh 14 décembre 2011 à 16 h 13 #

        Je pourrais blâmer les fédéralistes pour ne pas avoir assez défendu le Canada de peur de se faire intimider et se faire traiter de vendus, traites, colonisés, assimilés…un manque de courage inexcusable. Je dois louanger la détermination des séparatistes et la bravoure de Madame Marois qui ne dort jamais. J’aimerais bien qu’elle soit du bord du Canada.

        Un très très grand mythe ce que vous disez: ”Je pense que nous devrions immédiatement rendre ces$ 8,6 milliards que nous recevons par année… En échange des 50 milliards d’impôts que nous envoyons a Ottawa.”

        Je répète, le $8.6 Milliards de péréquation nous parvient des provinces riches, l’Alberta, C.B., Sask et Terreneuve et dans cette somme il n’y a pas un sous de nos taxe. Alors imaginez vous si le Québec ne reçevait pas ces Milliards….catastrophique et horrifiant juste à y penser. Des millliers de contribuables partiraient car les services sociaux seraient couper ou simplement rayés. Pouvez vous vous imaginer!

        Je me demande si plusieurs séparatistes font parti du 40% des Québecois qui ne payent pas d’impôt ce qui fait que ceux qui en payent sont les plus taxés en Amérique du Nord.

        Le modèle québecois ne fonctionne pas. Il nous fait mieux d’arrêter de chialer car nous devons nous reconstruire avant d’être dans l’eau bouillante. Maintenant que Harper n’a plus besoin du Québec, se prepare t’il juste en cas..de se débarasser de ce Quebec qui est toujours contre tout de ce qui vient d’Ottawa et qui n’apprécie rien, même pas les $8.6 Milliards.

        Ce que je trouve surprenant c’est que tout les séparatistes avec qui je parle n’ont aucunen idée que le Québec est une province pauvre et qu’une séparation l’a rendrait invivable. Je ne veux pas ce châtiment pour mes frères et soeurs et je me batterai toujours pour éviter une séparation. Par contre je trouve çela pénible après 30 ans….

        Merci d’accepter mes commentaires qui vont à l’encontre de vos croyance. Bonne démocratie, ce que est rare du côté séparatiste. Bravo! Il faut se parler et se réunir.

  12. Renee Houde Edwardh 14 décembre 2011 à 17 h 45 #

    Je m’excuse mon dernier message avait plusieurs fautes d’orthographe, j’ai cliqué trop vite sans relire..le tél.phone sonnait.

Rétroliens/Pings

  1. Réponses à Jérôme Lussier pour ses « Doléances pour un Québec dépassé » | Le Globe - regard citoyen - 8 décembre 2011

    [...] continuer votre lecture, un texte essentiel : http://danslebayou.com/2011/12/07/les-imbeciles-heureux/ Les opinions émises par les auteurs publiés sur Le Globe ne représentent pas [...]

  2. Better bilingual than honnest « V dans le bayou - 10 février 2012

    [...] l’apprentissage de toutes les langues du monde d’ailleurs. J’en ai déjà parlé ici. Évidemment, dans notre contexte québécois, en pleine Amérique du Nord, l’anglais joue un [...]

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